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Bibliothèque · voiliers de série

Océanis 361, 1999-2004 : ce qu’un acheteur doit vérifier.

Il y en a partout sur la côte, et c’est une bonne nouvelle : un modèle vendu en grande série laisse derrière lui vingt ans de témoignages de propriétaires. Cette page rassemble ce que ce corpus dit du 361 — et, tout aussi utile, ce sur quoi il ne s’accorde pas. Nous ne sommes pas montés à bord du vôtre : ce qui suit sert à savoir quoi regarder, pas à conclure à distance.

Vendu aussi sous les noms Océanis Clipper 361 (version la plus équipée) et Beneteau 361 aux États-Unis, et en flotte de location sous Moorings 362 et 363 ou Stardust 363. Ne pas le confondre avec l’Océanis 351 qui le précède, le 36 CC, ni le 373 qui lui succède.

La fiche

Architecte
Berret-Racoupeau
Chantier
Bénéteau, Saint-Gilles-Croix-de-Vie
Années
1999-2004 (une source indique 1998)
Longueur
11,10 m hors-tout · 10,80 m de coque
Bau
3,80 m (3,83 m selon certaines fiches)
Tirant d’eau
1,53 à 1,55 m en quille à ailettes · 1,80 m en grand tirant d’eau · une version à dérive logée existe aussi
Déplacement
5,8 t lège selon la plupart des fiches (6,1 t sur une autre)
Lest
environ 1 885 kg, soit 34 %
Moteur
Volvo Penta 2030 de 27-30 ch le plus souvent, Yanmar 3 cylindres attesté aussi, 40 ch en option
Transmission
ligne d’arbre, pas de saildrive en série
Gréement
sloop en tête, sans réglage fin ; grand-voile sur enrouleur dans le mât en option
Aménagement
2 ou 3 cabines, une salle d’eau
Réservoirs
330 à 380 L d’eau · 75 L de gazole
Unités produites
inconnu — aucune source consultée ne donne de chiffre

Ce qui revient chez les propriétaires

Du plus solidement attesté au plus isolé. La marge dit d’où ça vient et ce que ça vaut.

deux sources indépendantes, à dix-neuf ans d’écart

L’accastillage est calculé au plus juste. Un propriétaire résume : tout est dimensionné pour le prix, et il faut renforcer des manilles, des réas, ajouter des taquets et des coinceurs. Un essai en magazine dit la même chose vingt ans plus tard — poulies de renvoi, bloqueurs, winchs mériteraient tous une taille de plus. Ce n’est pas un défaut de sécurité, c’est un poste de dépense à prévoir si vous voulez manœuvrer seul et souvent.

essai magazine + revue technique, convergents

Le pont est en sandwich à âme balsa. L’âme se gorge d’eau si l’eau entre autour d’une ferrure, en particulier une ferrure posée ou reposée après coup. À bord, marchez partout, appuyez autour des chandeliers, des rails de génois, du guindeau, des cadènes : le pont doit être sourd et dur. Un point souple se paie en dépose de ferrure, ouverture, séchage et re-stratification.

deux témoignages de propriétaires

Le guindeau électrique vertical est très exposé. Le sel s’y dépose et finit par gripper le mécanisme, jusqu’à empêcher le débrayage. Demandez à mouiller et à relever au guindeau pendant la visite, pas seulement à l’entendre tourner à vide.

essai magazine + revue technique

Le palier de gouvernail prend du jeu. À contrôler à l’achat, safran en charge : on saisit la pelle et on cherche le jeu à la sortie de coque. Le remplacement est décrit comme une opération sans difficulté majeure, donc c’est un argument de négociation plutôt qu’un motif de renoncement.

témoignages multiples, sur la version quille à ailettes

Le cap au près déçoit en quille à ailettes. C’est le reproche le plus régulier des propriétaires, surtout en Méditerranée par mer courte et vent debout. La version 1,80 m est plus convaincante sur ce point ; la version à faible tirant d’eau ouvre en échange des mouillages et des ports que l’autre s’interdit. C’est un compromis à choisir, pas un défaut à corriger.

deux propriétaires, programme méditerranéen

28 à 30 ch, c’est juste en Méditerranée. Deux propriétaires distincts le disent, pour un plan d’eau où le vent est soit absent soit établi d’un coup. La version 40 ch existe. Sur transmission par ligne d’arbre, l’effet de couple en marche arrière est marqué : le bateau tire d’un bord, ce qui surprend en port.

ligne d’arbre : la périodicité elle-même est incertaine

La ligne d’arbre demande un entretien régulier et bon marché. Le joint intérieur du tube d’étambot coûte de l’ordre d’une centaine d’euros la pièce. La même publication donne deux périodicités différentes dans le même article — deux ans et sept ans — donc nous ne trancherons pas à sa place : demandez la date du dernier remplacement, et faites confirmer l’intervalle par un mécanicien. À la visite : jeu de l’arbre dans le palier, et alignement moteur-arbre, que des silentblocs fatigués suffisent à ruiner.

un seul essai magazine, non recoupé

La liaison coque-pont au tableau arrière. Elle est collée sous un joint caoutchouc épais qui fait le tour du miroir. Une seule source la signale, en recommandant d’y chercher des traces de choc — l’accostage cul au quai, à répétition, est le suspect désigné. Nous le mentionnons parce que c’est facile à regarder, pas parce que c’est établi.

mise en garde d’un propriétaire, cohérente avec l’histoire du modèle

Les ex-bateaux de location vieillissent plus vite. Le 361 a été vendu en nombre aux flottes de location, ce qui est vérifié. Un propriétaire met en garde sur l’usure prématurée de ces coques, moteur en premier. Un carnet d’entretien et un compteur d’heures cohérents valent plus qu’une année de construction flatteuse.

Ce que le corpus ne tranche pas

Trois désaccords que vous rencontrerez en cherchant vous-même. Nous ne les arbitrons pas.

rumeur contredite par deux propriétaires

Le safran serait « peu profond » et décrocherait à la gîte. L’affirmation vient d’un intervenant de forum qui a finalement acheté un autre bateau, sur le mode du « il est réputé pour ». Deux propriétaires du 361 la contredisent directement, dont un photo à l’appui, et disent ne jamais passer sur la barre. Nous penchons du côté de ceux qui naviguent dessus, sans pouvoir le démontrer ici.

désaccord réel, mais qui suit le plan d’eau

Bateau sain, ou coque qui tape ? Des propriétaires le décrivent peu gîtard, sûr, avec une bonne stabilité de route. D’autres le disent stoppé par les vagues et tapant dès 17-18 nœuds. En regardant qui parle, la ligne de fracture est le terrain : les avis atlantiques sont favorables, les avis de mer courte méditerranéenne bien plus réservés. Un essai en magazine se tient entre les deux : contrôle total, mais une forte inclinaison dans les rafales, la largeur de carène aidant.

divergence d’appréciation, pas de fait

Quelle quille en Méditerranée ? Plusieurs propriétaires déconseillent la quille à ailettes pour tenir le cap ; d’autres, qui naviguent précisément avec elle et là-bas, s’en accommodent en acceptant de motoriser. Les deux camps décrivent le même bateau et n’en tirent pas la même conclusion, parce qu’ils ne font pas le même programme.

Les questions à envoyer au vendeur

Avant de réserver l’hôtel. Une annonce qui ne répond pas à la première question ne vaut pas six heures de route.

  1. 01En quelle année le gréement dormant a-t-il été remplacé, et par qui ? S’il est d’origine, il a plus de vingt ans.
  2. 02Quel tirant d’eau exactement, et quelle version de quille ? La réponse change le prix, le programme et le cap au près.
  3. 03Quel moteur, combien d’heures au compteur, et le compteur a-t-il déjà été remplacé ?
  4. 04Quand le joint d’étambot et le palier d’arbre ont-ils été refaits ? Y a-t-il eu un contrôle d’alignement moteur-arbre ?
  5. 05Le bateau a-t-il été en flotte de location, et sur quelles années ?
  6. 06Le pont a-t-il déjà été rouvert ou re-stratifié quelque part, et pourquoi ?
  7. 07Le guindeau fonctionne-t-il, débrayage compris ? Peut-on mouiller pendant la visite ?
  8. 08Quel âge ont les voiles, et lesquelles ont été refaites plutôt que remplacées ?
  9. 09Y a-t-il un pont en teck, et quelle est l’épaisseur restante des lames ?
  10. 10Photos des œuvres vives au dernier carénage, et date de ce carénage.

Le prix, au 11 septembre 2026

59 000 à 70 000 € pour un millésime 1999-2002, chez des vendeurs professionnels français.

Relevé sur des annonces en ligne le jour où cette page a été écrite : 59 900 € pour un 2002 à Canet-en-Roussillon, 63 500 € pour un 2002 à Palavas, 64 900 € pour un Clipper de 1999 à Arcachon, 69 900 € pour un 2000 et un 2001 au Lavandou, 60 000 € pour un Clipper de 1999 au Crouesty. Un 2002 en Ligurie, TVA payée, à 59 000 €.

Une estimation de presse spécialisée place la même période entre 65 000 et 80 000 € à l’échelle européenne, pour des exemplaires bien entretenus et bien équipés : l’écart avec les annonces françaises s’explique probablement par là.

Ce sont des prix demandés, pas des prix de vente. Nous n’avons pas accès aux transactions réelles, et nous ne prétendons pas savoir de combien la négociation les écarte.

Ce que nous ne savons pas

Le nombre d’unités produites : introuvable, aucune source consultée ne le donne.

Le coût d’un remplacement complet de gréement dormant sur ce modèle précis, en euros : nous n’avons trouvé aucun chiffre publié digne de ce nom, et nous préférons ce vide à une approximation habillée en devis. Un gréeur de votre port répondra mieux que nous.

Un cas réel d’osmose sur un 361 : aucun témoignage de propriétaire trouvé. Le risque de l’époque existe, la coque est en stratifié massif et jugée solide par des sources convergentes, mais nous n’avons pas de dossier à vous montrer. Regardez les œuvres vives, c’est tout ce que nous pouvons dire honnêtement.

Un problème récurrent de hublots : rien de documenté ; les propriétaires louent plutôt la ventilation.

Vous avez l’annonce d’un 361 ouverte dans un onglet.

Cette page parle du modèle. Le coup d’œil parle du bateau : ce que cette annonce-là dit, ce qu’elle évite de dire, ce que son prix suppose, et un mot pour finir. C’est gratuit, et nous répondons par écrit.

Aucun compte, aucun mot de passe, jamais. Votre annonce arrive dans notre boîte et nous vous répondons.

Ce que nous avons lu

Les fils de propriétaires de Hisse et Oh et de Sail the World, la fiche technique de sailboatdata, l’essai d’occasion du magazine Yacht, un essai de 1999 dans Canadian Yachting, une revue technique américaine, et les annonces actives des sites français le jour indiqué. Deux fiches commerciales donnaient des tirants d’eau incohérents avec toutes les autres : nous les avons écartées.