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Bibliothèque · voiliers de série

Sun Odyssey 32i, 2005-2009 : ce qu’un acheteur doit vérifier.

Sous ce nom se vendent deux bateaux qui ne se mènent pas de la même façon : le quillard, et le dériveur intégral à double safran. Les annonces ne le disent pas toujours en premier, et c’est pourtant la première question à poser. Le reste de cette page dit ce que le corpus des propriétaires rapporte, avec l’origine de chaque affirmation. Nous n’avons pas vu votre exemplaire : ceci sert à savoir quoi regarder.

Attention aux homonymes. Il s’agit ici du 9,60 m dessiné par Philippe Briand, produit de 2005 à 2008, avec des exemplaires millésimés 2009 en fin de série. Ce n’est ni le Sun Odyssey 32 sans « i » des années 2002-2005, très proche et souvent mélangé dans les résultats des sites d’annonces, ni les 32.1 et 32.2 des années 1990, ni le Sun Fast 32i, sa version régate, ni le 33i qui lui a succédé. Le « i » désigne le pont construit par injection en moule fermé, pas une génération.

La fiche

Architecte
Philippe Briand
Années
2005 à 2008 selon les fiches · des bateaux de 2009 en vente
Longueur
9,60 m hors-tout · 8,52 m à la flottaison
Bau
3,30 m (3,32 m sur certaines annonces)
Versions
quillard, aileron à bulbe et safran suspendu · dériveur intégral, dérive relevable et double safran · une version Performance, mât Selden
Tirant d’eau
1,98 m en quillard selon la fiche de référence, 2,00 m sur une annonce · pour le dériveur, aucune valeur officielle trouvée
Déplacement
environ 4,3 t
Lest
environ 1 130 kg, en fonte
Moteur
Yanmar de 18 à 21 ch selon les sources, 3YM20 sur un exemplaire de 2009 · des bateaux ont été remotorisés
Transmission
ligne d’arbre, pas de saildrive — attesté par une fiche technique détaillée et cohérent avec toutes les autres
Gréement
sloop fractionné, mât posé sur le pont, gréement inox
Aménagement
2 cabines doubles, 1 salle d’eau
Unités produites
introuvable dans les sources consultées

Ce qui revient chez les propriétaires

Du plus solidement attesté au plus isolé. La marge dit d’où ça vient et ce que ça vaut.

trois propriétaires, deux forums — dont un sur le 30i, la même architecture en plus petit

Le dériveur intégral se manœuvre mal en marche arrière. Avec deux safrans écartés et aucun dans le flux de l’hélice, le bateau ne gouverne qu’une fois lancé, et l’effet de pas d’hélice domine les premiers mètres. Un propriétaire de 32i dériveur depuis 2009 décrit la manœuvre qu’il a dû apprendre pour sortir de sa place : mettre les gaz, puis débrayer dès que le bateau a de l’erre. Un propriétaire de la version à quille relevable, sur un forum anglophone, dit la même chose en une phrase : pas terrible en arrière, mais on s’en sert pour tourner.

Rien de grave pour qui le sait. Beaucoup pour qui découvre ça dans un port étroit le jour de la prise en main. À l’essai, demandez à sortir le bateau de sa place vous-même.

un propriétaire qui chiffre lui-même l’écart, plusieurs intervenants qui vont dans son sens

Le dériveur remonte moins bien au vent que le quillard. Le propriétaire de 32i dériveur cité plus haut estime la dérive supplémentaire à environ 5 degrés, en précisant que c’est à vérifier. Un plaisancier qui a loué deux dériveurs avant d’acheter un 32i quillard raconte que le quillard serre nettement plus le vent. C’est le prix d’un bateau qui s’échoue à plat et entre dans les ports qui assèchent : à vous de savoir lequel des deux votre programme demande.

un seul témoignage, mais treize ans de navigation et plus de cent régates

L’accastillage de série est calculé juste. Un propriétaire depuis 2008 tient pour indispensables trois ajouts sur la version croisière : un rail d’écoute de grand-voile dans le cockpit, un pataras réglable, une hélice repliable. Il juge la version Performance meilleure sur ce point. Si l’annonce mentionne ces ajouts, c’est un bateau dont quelqu’un s’est occupé ; s’ils manquent, comptez-les dans le budget si vous comptez régler vos voiles.

essai de presse, sur le Sun Odyssey 32 à coque identique

Le moteur d’origine est un peu juste. Un essai américain du Sun Odyssey 32, la même coque, note que le Yanmar de 18 ch pousse le bateau à 6 nœuds en eau calme et qu’un moteur plus puissant serait plus raisonnable dans certaines zones. Les exemplaires plus tardifs annoncent 21 ch. Le même essai montre un bateau remotorisé en Volvo Penta : demandez quel moteur est à bord, de quand il date, et pourquoi s’il a été changé.

un propriétaire, un détail précis

Le coffre de cockpit est petit, et le bateau gîte sur tribord. Le même propriétaire de longue date trouve le coffre trop petit pour un radeau de survie, et note qu’avec le réservoir de gazole plein et le radeau rangé à tribord, le bateau prend une légère gîte qu’il compense en chargeant le lourd à bâbord. Détail de confort, pas défaut de structure.

Ce que le corpus ne tranche pas

désaccord d’intensité, pas de nature

Le dériveur intégral, défaut rédhibitoire ou compromis gérable ? Des intervenants expérimentés, qui ne possèdent pas ce bateau, jugent qu’un dériveur intégral n’est pas fait pour le près serré et qu’il est trop lesté ; l’un d’eux trouve le dispositif discutable. Le propriétaire de 32i dériveur depuis 2009 répond, en substance, qu’il suffit d’anticiper. Tout le monde s’accorde sur la perte au près ; personne ne s’accorde sur ce qu’elle coûte en croisière.

un ressenti de navigation contre un calcul de fiche

Sous-toilé par petit temps, ou au contraire bien toilé ? Un intervenant le trouve un peu sous-toilé dans le petit temps, alors que le rapport entre surface de voile et poids le place plutôt du côté des bateaux bien toilés. Les deux peuvent être vrais : un gréement de série mal réglable, comme celui décrit plus haut, donne ce ressenti à un bateau qui a la surface qu’il faut. Le régatier de longue date le dit redoutable au portant dans la brise et moins à l’aise au près.

Les questions à envoyer au vendeur

La première décide du bateau. Posez-la avant de réserver l’hôtel.

  1. 01Quillard ou dériveur intégral à double safran ? Si dériveur : état du puits et du mécanisme de la dérive, date du dernier changement de câble ou de bout de relevage.
  2. 02Est-ce bien un 32i, et non un Sun Odyssey 32 sans « i » ? Année de construction et numéro de coque, sur l’acte de francisation.
  3. 03Quel moteur, de combien de chevaux, combien d’heures, et le compteur est-il d’origine ? A-t-il été remplacé, et pourquoi ?
  4. 04Quand le presse-étoupe et la bague hydrolube de la ligne d’arbre ont-ils été refaits ?
  5. 05En quelle année le gréement dormant a-t-il été remplacé ?
  6. 06Rail d’écoute de grand-voile, pataras réglable, hélice repliable : lesquels ont été ajoutés ?
  7. 07Le bateau s’est-il déjà échoué ou a-t-il touché ? Photos de la liaison quille-coque et des boulons dans les fonds.
  8. 08Âge des voiles, et de quel voilier ?
  9. 09Le bateau a-t-il été en flotte de location ?
  10. 10Quand a eu lieu le dernier carénage, et le bateau a-t-il déjà été traité contre l’osmose ?

Le prix, au 3 octobre 2026

En France, les annonces se tiennent entre 45 000 et 52 000 €.

Relevé le jour où cette page a été écrite : 50 000 € pour un 2007 en Ille-et-Vilaine, 52 000 € pour un 2008 dans le Morbihan, et deux annonces à 45 000 € pour un 2008 à Arzal, chez deux courtiers différents — peut-être le même bateau. Ailleurs en Europe : 45 000 € pour un 2005 en Irlande, environ 48 800 € pour un 2006 en Angleterre, 62 900 € pour un 2007 en Allemagne, 69 900 € pour un 2009 aux Pays-Bas. Une annonce de particulier à 72 000 € pour un 2008 quillard en Espagne sort nettement du lot.

Le Sun Odyssey 32 sans « i » s’affiche plus bas, de 39 900 à 51 000 €. C’est là que le piège se referme : une annonce mal titrée peut vous faire comparer un bateau à l’autre.

Ce sont des prix demandés. Nous n’avons trouvé aucune donnée de transaction réelle, et nous ne savons donc pas de combien la négociation les écarte.

Ce que nous ne savons pas

L’osmose, les fuites de hublots, le jeu du palier de safran : aucun témoignage trouvé qui concerne un 32i. C’est une absence de signal, pas une preuve que le bateau en est exempt. Un carénage avec un humidimètre reste la seule réponse.

Ce qui distingue exactement la construction du 32i de celle du Sun Odyssey 32 : les sources s’accordent sur le pont injecté du 32i, mais l’essai de presse décrit déjà un procédé d’injection sur le 32. Nous ne savons pas trancher.

Le coût, en euros, d’un gréement dormant, d’un jeu de voiles ou des ajouts d’accastillage pour ce modèle : aucun chiffre publié trouvé, hormis des sites de synthèse que nous ne jugeons pas fiables. Nous préférons ne rien donner plutôt qu’un chiffre inventé : demandez un devis à un gréeur.

Le nombre d’unités construites, et le tirant d’eau du dériveur dérive haute : introuvables tous les deux.

Vous avez l’annonce d’un Sun Odyssey 32i ouverte dans un onglet.

Cette page parle du modèle. Le coup d’œil parle du bateau : ce que cette annonce-là dit, ce qu’elle évite de dire, ce que son prix suppose, et un mot pour finir. C’est gratuit, et nous répondons par écrit.

Aucun compte, aucun mot de passe, jamais.

Ce que nous avons lu

Les fils de propriétaires de Hisse et Oh, dont celui consacré au 32i dériveur intégral, un forum de propriétaires Jeanneau, la fiche technique de sailboatdata, l’essai d’occasion du Sun Odyssey 32 par Practical Sailor, et les annonces actives des sites français et européens le jour indiqué. Deux sites de synthèse, aux notes systématiquement flatteuses et qui ne mentionnent aucun des points relevés par les propriétaires, ont servi à recouper des chiffres de fiche, jamais un jugement. Un fil de forum mélange des témoignages de 30i et de 32i : nous n’avons retenu que ceux dont le modèle était clair.